Annualisation, congés, RTT : la CFE-CGC Norauto demande un suivi fiable pour préserver les droits de chacun

Lors du CSE Norauto du 16 juillet 2026, la Direction présentait, comme chaque année, le bilan de l’annualisation.

Derrière ce bilan se trouvent des situations très concrètes pour les collaborateurs : des compteurs d’heures difficiles à suivre, des écarts parfois découverts tardivement, des congés qui n’ont pas pu être pris et, pour les Cadres notamment, des RTT qui peuvent finalement être perdus.

Les élus CFE-CGC Doriane Garattoni, Delphine Debuchy, Marion Trochet et Carlos Manuel DE MAGALHAES DA COSTA sont intervenus pour défendre une exigence essentielle : chaque collaborateur doit pouvoir connaître, comprendre et vérifier suffisamment tôt sa situation afin de pouvoir agir avant qu’il ne soit trop tard.

Des heures « perdues » en forte augmentation

Le bilan présenté par la Direction montre une situation préoccupante concernant les heures dites « perdues ». Après une amélioration l’année précédente, leur volume repart très fortement à la hausse, avec une progression de plus de 35 % par rapport à l’exercice précédent.

La Direction reconnaît qu’une partie de ces écarts peut notamment provenir de mauvais pointages et qu’il existe encore une marge de progression importante dans la gestion de ces compteurs.

Les échanges du CSE mettent également en évidence une difficulté bien connue dans les centres : les anomalies sont parfois découvertes tardivement. Or, passé un certain délai, les corrections dans Orquest deviennent plus complexes et nécessitent l’intervention du service paie.

La Direction reconnaît elle-même la nécessité d’être plus régulière dans les contrôles et les corrections, plutôt que de devoir intervenir massivement en fin de période d’annualisation.

Pour la CFE-CGC, le constat est clair : un compteur de temps de travail doit être un outil de confiance et d’anticipation, pas une information que le collaborateur découvre lorsque les possibilités de correction deviennent limitées.

Doriane Garattoni :
 « donner une visibilité réelle au collaborateur et au manager »

Doriane Garattoni a proposé une solution simple et concrète : mettre en place une alerte permettant au collaborateur comme au manager de connaître régulièrement la situation réelle du compteur d’heures.

Elle rappelle qu’entre le planning projeté plusieurs semaines à l’avance et la réalité quotidienne d’un centre, des écarts apparaissent nécessairement. À cela s’ajoute l’utilisation de plusieurs outils, notamment Easy Planif et Orquest, qui ne donnent pas toujours une lecture suffisamment simple de la situation.

Son objectif est donc très concret :

permettre au collaborateur de suivre les heures réellement effectuées et au manager de détecter rapidement les écarts, plutôt que d’attendre la fin de l’annualisation. »

Doriane Garattoni souligne également qu’un investissement permettant d’améliorer ce suivi ne doit pas seulement être considéré comme un coût. Les pertes actuelles sont suffisamment importantes pour justifier une réflexion sur des outils plus efficaces : 

mieux suivre aujourd’hui permettrait d’éviter des pertes demain, au bénéfice des collaborateurs comme de l’entreprise. »

Elle alerte aussi sur un autre risque : celui de répondre au problème en ajoutant simplement de nouveaux tableaux ou de nouvelles tâches administratives aux managers.

Sa proposition va dans le sens inverse : rendre l’information immédiatement lisible, par exemple en utilisant des indicateurs visuels ou des couleurs permettant d’identifier rapidement si le collaborateur est en ligne avec sa cible.

Et cette proposition n’est pas restée sans réponse : la Direction indique en séance qu’elle prend note de la suggestion concernant les couleurs.

Pour la CFE-CGC, c’est exactement le sens dans lequel les outils doivent évoluer : moins de complexité, davantage de visibilité et surtout la possibilité d’agir suffisamment tôt.

Delphine Debuchy :
« au siège aussi, il faut un suivi homogène. »

Delphine Debuchy a élargi le débat à la situation de la Service Team.

Sa question est essentielle :

Comment contrôler réellement le temps de travail lorsqu’il n’existe pas de dispositif homogène de suivi au siège ? »

Elle relève que les pratiques diffèrent d’un service à l’autre et que tous les collaborateurs ne disposent pas nécessairement des mêmes dispositifs de suivi.

Lorsque Delphine souligne que « rien n’est homogène dans les services », la Direction reconnaît explicitement la situation : « En effet, ce n’est pas homogène. »

Pour la CFE-CGC, cette reconnaissance doit maintenant conduire à une amélioration concrète.

Que l’on travaille en centre ou au siège, chacun doit pouvoir disposer d’une information fiable et compréhensible concernant son temps de travail. »

Delphine Debuchy intervient également sur les jours qui risquent d’être perdus. Elle rappelle qu’il faut davantage utiliser les dispositifs existants, notamment le Compte Épargne Temps, lorsque les règles permettent d’y placer certains jours plutôt que de les perdre.

Là encore, l’enjeu est celui de l’anticipation : un droit connu suffisamment tôt peut être utilisé ; un droit découvert trop tard risque de disparaître.

Marion Trochet :
« Les outils existent déjà en partie, utilisons-les ! »

L’intervention de Marion Trochet apporte un éclairage particulièrement intéressant : une partie de la solution existe déjà dans Orquest.

Elle rappelle qu’il est possible d’afficher les compteurs permettant de visualiser le nombre d’heures objectivé et les heures effectivement réalisées.

Son raisonnement est pragmatique :

Puisque l’information existe, pourquoi ne pas la mettre systématiquement à disposition des collaborateurs ? »

Marion Trochet propose donc d’imposer l’affichage des horaires avec les compteurs, afin que chacun puisse régulièrement vérifier sa situation.

La Direction confirme alors que cette fonctionnalité existe bien dans Orquest et qu’il est possible d’afficher les semaines et de les soumettre à la validation des collaborateurs.

Elle reconnaît également que cette pratique n’est aujourd’hui pas systématique et qu’une communication auprès des équipes serait nécessaire afin d’améliorer leur visibilité.

C’est un point important : certaines améliorations peuvent donc être engagées sans attendre le développement d’un nouvel outil.

Marion Trochet intervient également concernant les congés et propose de revoir certaines échéances de pose afin qu’elles correspondent davantage à la réalité des collaborateurs et de l’activité. La Direction ne ferme pas la porte et reconnaît qu’il s’agit de réflexions à avoir, tout en rappelant le cadre applicable.

Carlos Manuel DE MAGALHAES DA COSTA :
« Permettre au collaborateur de vérifier lui-même »

Carlos Manuel DE MAGALHAES DA COSTA rappelle une pratique déjà appliquée dans certains centres :

Imprimer les feuilles d’horaires, les remettre aux collaborateurs afin qu’ils puissent les vérifier puis les signer. »

Cette pratique répond à une problématique fondamentale.

Lorsqu’un collaborateur peut régulièrement contrôler ses heures, il peut signaler immédiatement une anomalie.

À l’inverse, lorsqu’un écart n’est découvert que plusieurs mois plus tard, la correction devient nécessairement plus difficile.

La Direction confirme au cours de l’échange que la fonctionnalité permettant d’afficher les semaines et de les soumettre à la validation des collaborateurs existe effectivement dans Orquest, mais qu’elle n’est pas utilisée de manière systématique. Elle reconnaît également la nécessité de mieux communiquer auprès des équipes sur cette possibilité.

La remarque de Carlos Manuel DE MAGALHAES DA COSTA remet donc un principe essentiel au centre du dispositif : le premier intéressé doit pouvoir vérifier les données qui concernent son propre temps de travail.

Congés non pris :
une situation qui doit être mieux anticipée

Le bilan de l’annualisation fait également apparaître une augmentation très importante des reliquats de congés.

Le nombre de jours restant dans les compteurs progresse ainsi de plus de 60 % par rapport à l’année précédente.

La Direction explique qu’une partie de cette hausse est liée aux collaborateurs absents sur de longues durées, qui continuent à acquérir et conserver certains droits. Mais elle indique également que certains jours peuvent, à terme, être perdus lorsqu’ils arrivent au terme de leur période de conservation.

Les débats montrent surtout que l’information disponible aujourd’hui ne permet pas toujours une anticipation suffisante.

La Direction reconnaît d’ailleurs qu’il peut exister un manque d’alertes concernant les compteurs et la pose des congés.

Pour la CFE-CGC, afficher un solde sur un bulletin de paie ne suffit pas.

Il faut alerter suffisamment tôt le collaborateur lorsque des jours restent à prendre, afin qu’il puisse effectivement exercer son droit au repos.

RTT : un sujet qui concerne directement les Cadres

Le bilan concerne enfin directement les Cadres et les collaborateurs bénéficiant de RTT.

La Direction indique que 20 % des collaborateurs concernés disposent encore d’un reliquat de RTT en fin de période. Le nombre de jours restant à prendre progresse par ailleurs de 13,6 % par rapport à l’année précédente.

Derrière cette statistique se trouve une réalité très concrète.

Un RTT qui n’a pas pu être posé et qui finit par être perdu n’est pas simplement une ligne supprimée d’un compteur : c’est une journée de repos qui n’a pas pu être prise.

Pour la CFE-CGC, il est donc indispensable d’éviter que les collaborateurs découvrent leur reliquat lorsqu’il devient trop tard pour organiser la prise de leurs jours.

Là encore, l’anticipation, l’information et les alertes doivent devenir la règle.

La CFE-CGC : contrôler, alerter, anticiper…
avant qu’il ne soit trop tard

Au cours de ce CSE, les interventions de Doriane Garattoni, Delphine Debuchy, Marion Trochet et Carlos Manuel DE MAGALHAES DA COSTA ont permis de faire émerger plusieurs solutions concrètes :

Rendre les compteurs plus visibles, créer des alertes, harmoniser les pratiques, utiliser pleinement les fonctionnalités déjà disponibles dans Orquest, permettre une vérification régulière par les collaborateurs et mieux anticiper la prise des congés et des RTT. »

Plusieurs de ces remarques ont été reconnues, retenues ou considérées comme des pistes de réflexion par la Direction.

C’est précisément le rôle que les élus CFE-CGC veulent exercer au CSE : partir des difficultés vécues sur le terrain, interpeller la Direction, proposer des solutions réalisables et faire avancer les sujets qui touchent directement les collaborateurs.

Car en matière de temps de travail, de congés ou de RTT, une règle devrait s’imposer :

Aucun collaborateur ne devrait découvrir trop tard qu’il risque de perdre des heures ou des jours auxquels il pouvait prétendre. »

La CFE-CGC Norauto continuera donc à demander plus de transparence, plus d’anticipation et des outils réellement utiles aux collaborateurs.

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